• Georges Feydeau<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Georges Feydeau, est né à Paris en 1862. C’est  un auteur dramatique français, connu pour ses très nombreux vaudevilles.<o:p></o:p>

    Au théâtre, le vaudeville parait au commencement du XVIII siècle. Au début, c’était une petite composition scénique où le dialogue était chanté. Plus tard, le vaudeville se transforme en comédie ou même en drame avec des parties chantées. Il prend tous les tons…Il voyage de la bouffonnerie à la sentimentalité. Il a donné carrière à toutes les finesses de l’esprit et à la verve gauloise. Ce sont les quiproquos les plus burlesques et les situations les plus risquées.<o:p></o:p>

    Très jeune, Georges Feydeau se consacre au théâtre. Sa première pièce, « Par la fenêtre » est jouée en 1882, alors qu’il a 19 ans. En 1886, « Tailleur pour dames » est fort bien accueillie et lui vaut les encouragements de Labiche.<o:p></o:p>

    Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des personnages. Il se moque de la médiocrité des existences bourgeoises qu’il tourne en ridicule.<o:p></o:p>

    Il décède à l’âge de 58 ans.<o:p></o:p>

    Pièces de théâtre de Feydeau

     

    Feydeau<o:p></o:p>

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    On purge bébé

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    Histoire de vous donner envie de lire du théâtre, voici un extrait de la

    Scène II<o:p></o:p>

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    Follavoine et Julie<o:p></o:p>

    Julie surgissant en trombe par la porte pan coupé. Tenue de souillon, peignoir éponge dont la cordelière non attachée traîne par terre, petit jupon de soie, sur la chemise de nuit qui dépasse, bigoudis dans les cheveux, bas tombant sur les savates. Elle tient son seau de toilette plein d’eau à la main.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Follavoine sursautant<o:p></o:p>

    Ah ! Je t’en prie, n’entre donc pas toujours comme une bombe !... Ah !<o:p></o:p>

    Julie s’excusant ironiquement  Oh, pardon ! (la bouche pincée et sur un ton sucré) <o:p></o:p>

    Tu ne peux pas te déranger ? Non ?<o:p></o:p>

    Folllavoine avec humeur  Et bien ! et toi ? Pourquoi faut il que ce soit moi qui me dérange plutôt que moi ?<o:p></o:p>

    Julie avec un sourire pointu C’est juste ! c’est juste ! nous sommes mariés, alors<o:p></o:p>

    Follavoine Quoi ? Quoi ? Quel rapport ?<o:p></o:p>

    Julie Ah ! Je serais seulement la femme d’un autre, il est probable que….<o:p></o:p>

    Follavoine Ah ! Laisse moi donc tranquille ! Je suis occupé, v’là tout !<o:p></o:p>

    Julie, posant le seau qu’elle tien à la main au milieu de la scène et gagnant la gauche.
    Occupé ! Monsieur est occupé ! <o:p></o:p>

    C’est admirable<o:p></o:p>

    Follavoine Oui, occupé !( il aperçoit le seau laissé par Julie) Ah !<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Julie se retournant à l’exclamation de Follavoine Quoi ?<o:p></o:p>

    Follavoine Ah ça ! Tu es folle ?<o:p></o:p>

     Tu m’apportes ton seau de toilette ici, à présent ?<o:p></o:p>

    Julie Quoi mon seau ? Ou ça mon seau ?<o:p></o:p>

    Follavoine l’indiquant Ça !<o:p></o:p>

    Julie Ah ! là ! c’est rien (le plus naturellement du monde) <o:p></o:p>

    C’est mes eaux sales.<o:p></o:p>

    Follavoine Qu’est ce que tu veux que j’en fasse ?<o:p></o:p>

    Julie Mais c’est pas pour toi ?<o:p></o:p>

     C’est pour les vider<o:p></o:p>

    Follavoine Ici ?<o:p></o:p>

    Julie Mais non pas ici ! Que c’est bête ce que tu dis là ! Je n’ai pas l’habitude de vider mes eaux sales dans ton cabinet de toilette ; j’ai du tact.<o:p></o:p>

    Follavoine Alors pourquoi me les apportes tu ?<o:p></o:p>

    Julie Mais pour rien ! Parce que j’avais le seau en main pour aller le vider quand Rose est venue me rapporter ta charmante réponse : alors pour ne pas te faire attendre…<o:p></o:p>

    Follavoine Tu ne pouvais pas le laisser à la porte ?<o:p></o:p>

    Julie Ah ! et puis tu m’embêtes ! <o:p></o:p>

    Si çà te gêne tant, tu n’avais qu’à te déranger quand je te demandais de venir ; mais Monsieur était occupé ! à quoi ? Je te le demande <o:p></o:p>

    Elle a arpenté jusqu’au fond<o:p></o:p>

    Follavoine sur un ton bougon A  des choses, probable !<o:p></o:p>

    Julie  Quelles ?<o:p></o:p>

    Follavoine  Et ! bien des choses…Je cherchais « iles Hébrides » dans le dictionnaire<o:p></o:p>

    Julie Iles Hébrides ! t’es pas fou ? <o:p></o:p>

    Tu as l’intention d’y aller ?<o:p></o:p>

    Follavoine  Non, je n’ai pas l’intention !<o:p></o:p>

    Julie d’un ton dédaigneux Alors qu’est ce que ça te fait ?<o:p></o:p>

     En quoi ça peut il intéresser un fabricant de porcelaine de savoir ou sont les Hébrides ?<o:p></o:p>

    Follavoine, toujours sur le ton grognon  Si tu crois que ça m’intéresse ! Ah ! Bien ! Je te jure que si c’était pour moi ! Mais c’est pour bébé. Il vous a de ces questions ! (Imitant son fils)<o:p></o:p>

    « Papa,où c’est les Hébrides ? »<o:p></o:p>

    (reprenant sur un ton bougon pour s’imiter lui-même)<o:p></o:p>

    Quoi<o:p></o:p>

    (voix de son fils) Où c’est les Hébrides, Papa ?<o:p></o:p>

    Oh ! J’avais bien entendu ! J’avais fais répéter à tout hasard (maugréant)<o:p></o:p>

    Où c’est les Hébrides ? Est-ce que je sais, moi ! Tu sais où c’est toi ?<o:p></o:p>

    Julie Bien oui, c’est…J’ai vu ça quelque part, sur la carte ; je ne me rappelle pas où.<o:p></o:p>

    Follavoine,remontant pour aller s’asseoir à sa table sur laquelle il pose son dictionnaire ouvert à la page qu’il compulsait<o:p></o:p>

    Ah ! comme ça, moi aussi ! Mais je ne pouvais pas lui répondre ça à cet enfant ! Qu’est ce qu’il aurait pensé ! J’ai essayé de m’en tirer par la tangente :<o:p></o:p>

    Chut !allez !ça ne te regarde pas ! Les Hébrides, c’est pas pour les enfants !<o:p></o:p>

    Julie En voilà une idée ! C’est idiot.<o:p></o:p>

    Follavoine Oui !Ah ! c’était pas heureux ; c’était précisement dans les questions de géographie que lui avait laissées mademoiselle.<o:p></o:p>

    Julie haussant les épaules Dame, évidemment !<o:p></o:p>

    Follavoine Eh ! aussi est ce qu’on devrait encore apprendre la géographie aux enfants à notre époque ? avec les chemins de fer et les bateaux qui vous mènent tout droit ! et les indicateurs où l’on trouve tout !<o:p></o:p>

    Julie Quoi ! Quoi ! Quel rapport ?<o:p></o:p>

    Follavoine Mais absolument ! Est-ce que, quand tu as besoin d’une ville, tu vas la chercher dans la géographie ? Non, tu cherches dans l’indicateur ! Eh ! ben.. , alors !<o:p></o:p>

    Julie Mais alors, ce petit ? Se levant et allant ramasser son seau au passage)Tu ne l’as pas aidé ? Tu l’as laissé dans le pétrin ?<o:p></o:p>

    Follavoine  Bédame !Comment veux tu ?C’est à dire que j’ai pris un air profond, renseigné ; celui du Monsieur qui pourrait répondre mais qui ne veut pas parler et je lui ai dit « Mon enfant, si c’est moi qui te montre, tu n’as pas le mérite de l’effort ; essaye de trouver et si tu n’y arrives pas, alors je t’indiquerai…<o:p></o:p>

    Julie, près de Follavoine Oui, vas-y voir !<o:p></o:p>

    Follavoine Je suis sorti de sa chambre avec un air détaché et aussitôt la porte refermée, je me suis précipité sur ce dictionnaire, persuadé que j’allais trouver ! Ah ! bien, oui, je t’en fiche ! Nibe.<o:p></o:p>

    Julie qui ne comprend pas Nibe ?<o:p></o:p>

    Follavoine Enfin, rien !<o:p></o:p>

    Julie incrédule Dans le dictionnaire ? (elle pose son seau par terre à gauche de la table et écarte son mari pour examiner le dictionnaire à sa place)<o:p></o:p>

    Allons, voyons ! voyons !<o:p></o:p>

     


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